Histoire de la botanique en Corse
Une longue tradition d'exploration naturaliste
La connaissance de la flore corse s'est construite progressivement au fil des siècles grâce au travail de nombreux botanistes, naturalistes et observateurs de terrain. Cette aventure scientifique, initiée dès les premières explorations de l'île, se poursuit aujourd'hui au travers des missions du CBN de Corse.
Les premières explorations
Les premières mentions de la flore corse apparaissent dès le XVIe siècle, notamment dans les écrits du botaniste sicilien Paolo Silvio Boccone. Toutefois, ce n'est véritablement qu'au XIXe siècle que les prospections botaniques se développent de manière régulière.
Parmi les ouvrages fondateurs figure le Florae Corsicae Specierum Plantarum publié par Domenico Viviani en 1824, alimenté notamment par les observations du docteur Serafini. Cette période met déjà en évidence un élément essentiel de la connaissance botanique : l'importance des correspondants locaux et des observations de terrain.
Les travaux de Von Salis-Marschlins, Requien, Loiseleur-Deslongchamps ou encore Bertoloni contribuent ensuite à enrichir progressivement les connaissances sur la flore insulaire.
L'essor de la botanique au XXe siècle
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, les excursions naturalistes se multiplient et les échanges entre botanistes s'intensifient. Les sociétés savantes, comme la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse créée en 1880, favorisent la diffusion des connaissances.
Le botaniste suisse John Briquet marque profondément cette période avec ses recherches sur la flore des montagnes corses et surtout la publication du Prodrome de la flore corse, poursuivie par René de Litardière. Cet ouvrage constitue pendant plusieurs décennies la référence pour la connaissance de la flore insulaire.
De l'inventaire à l'écologie de la conservation
Dans la seconde moitié du XXe siècle, les progrès scientifiques permettent d'aborder de nouvelles questions relatives à l'origine et à l'évolution de la flore corse. Les travaux de Juliette Contandriopoulos sur l'endémisme ouvrent la voie à une meilleure compréhension de l'histoire évolutive des espèces, aujourd'hui approfondie grâce aux approches génétiques.
Les inventaires se poursuivent grâce aux travaux de nombreux botanistes, parmi lesquels Marcelle Conrad, Jacques Gamisans, Guilhan Paradis ou Daniel Jeanmonod. Leurs publications, dont le Catalogue de la flore vasculaire de Corse puis Flora Corsica, constituent des références majeures pour la connaissance de la flore de l'île.
À partir des années 1980, le Comité Flore Corse fédère de nombreux spécialistes autour d'un objectif commun : poursuivre l'inventaire de la flore de l’ile et actualiser les connaissances grâce aux Compléments au Prodrome de la flore de Corse.
Parallèlement, la protection réglementaire de la flore progresse avec l'adoption, en 1986, de la première liste régionale des espèces végétales protégées. Les politiques internationales en faveur de la biodiversité renforcent ensuite le développement des connaissances en taxonomie, phytosociologie, biogéographie et sciences de la conservation.
Le CBN de Corse, héritier de cette histoire
Créé en 2002 au sein de l'Office de l'Environnement de la Corse et agréé Conservatoire botanique national depuis 2008, le CBN de Corse s'inscrit dans cette longue tradition naturaliste.
En poursuivant l’acquisition et le partage des connaissances ainsi que la préservation du patrimoine naturel, il contribue aujourd’hui à connaître, préserver et transmettre ce bien commun.